Quatrièmes Rencontres Artistiques Internationales en Places Publiques Awaln’art

Du 17 au 20 juin 2010 .... programme bientôt disponible


Les Objectifs



Une fenêtre ouverte sur l’émergence artistique internationale ou comment créer un événement à l’image du Maroc, carrefour entre l’Afrique et le reste du Monde.
Il s’agit de puiser au cœur des racines africaines, de valoriser l’africanité du Maroc, de révéler les artistes africains. Il s’agit de permettre la rencontre entre les artistes du monde entier en valorisant les métissages, les rencontres entre les cultures d’Afrique, du Nord et du Sud de la Méditerranée et les échanges sud-sud. Ainsi Awaln’art souhaite soutenir la création contemporaine africaine et méditerranéenne et ses créateurs.

Un espace de valorisation et de promotion du patrimoine immatériel africain et méditerranéen
Pour sa quatrième édition, Awaln’art continue son exploration des formes traditionnelles du spectacle de rue et leur synergie avec la création contemporaine. Au Maroc la Halqa, le cercle était un lieu de transmission des savoirs autant que de rêve et de poésie. L’artiste et son spectacle étaient mus par un sens et une nécessité donnés par ce lien avec les publics. Awaln’art redonne aux places publiques leur rôle d’espaces publics et réinstalle le public au cœur des créations et la vie au cœur du spectacle.

Un événement engagé toute l’année dans le développement local
Awaln’art s’associe aux stratégies de développement des autorités publiques locales : rendre visible une région riche de son patrimoine matériel, immatériel et naturel. Contribuer par ses dimensions culturelles et artistiques à la mise en place des outils nécessaires au développement d’un tourisme culturel et rural. Awaln’art contribue au renforcement des capacités des acteurs associatifs et culturels locaux, notamment par leur implication chaque année plus probante dans l’organisation locale du festival.


Note d’intention

La bataille pour l’obtention d’une légitimité artistique pour « les arts de la rue » était difficilement envisageable il n’y a pas si longtemps. On considérait cela comme un « art mineur » ou un « art populaire ». Il a fallu toute la folie de certains rêveurs pour donner leurs lettres de noblesse à ceux qu’on appelait jadis les saltimbanques, les bohémiens, les cracheurs de feu et autres amuseurs publics. On les assimilait presque aux romanichels voleurs de poules (encore un cliché !)

A Marrakech, la place Jemaa el fna, temple du théâtre de la rue, est devenue patrimoine orale et immatériel de l’humanité grâce à un autre rêveur du nom de « Juan Goytisolo ».

Pour rester dans l’univers onirique, puisque qu’il ne s’agit, en définitif, que de cela, voilà qu’un garçon, Khalid Tamer, issu d’une ruelle perdue de Casablanca, et qui a suivi sa famille en Corrèze à l’âge de 12 ans, se met à rêver à son tour de dorer le blason des artistes de son enfance.
Contrairement à ses concitoyens dont le regard est sans cesse tourné vers le nord, lui ira fouiller au fin fond de l’Afrique pour y dénicher les talents. Il s’est mit en tête ce maître mot que les ombres sournoises voudraient nier : Le métissage. Et il n’en démord pas.
(…)
Allons, redevenons enfants, et allons rêver avec les rêveurs. Ça en vaut la peine !

Mahi Binebine


2009, année de crise ? crise économique ? crise politique ? crise artistique ? Si l’artiste est celui par qui la société se raconte, si le secteur artistique est tout autant économique que le secteur immobilier, qu’elle place un monde en crise réserve à sa culture, quel rôle une société en crise fait jouer à ses artistes ? Qu’elle politique celui-ci manipule, contourne ou retourne lorsqu’il s’invite en place publique ? Quel imaginaire un public mobilise pour s’évader ?

2010, Un an après, plane une certaine envie de légèreté. Une envie de sortir comme on allait au bal du village qui le temps d’un soir illuminait la place publique. Au rendez-vous, les lampions, les pommes d’amour, les jus d’orange, les musiciens, les jupes qui tournent … Ou bien les joutes poétiques, les danses traditionnelles, les masques, la musique sacrée, les conteurs …

Sur le fil rouge de la fête, la 4ème édition explore quelques facettes de cette réjouissance collective dans un aller retour Europe Afrique .

Jour de fête, jour solennel, jour d’accueil et d’offrande. Tout le monde est alors mobilisé pour participer à la célébration, on défile, on chante, on organise, on cuisine, on danse et puis on oublie… ensemble … un certain quotidien. On s’enivre de rien ou de rire. La fête comme une parabole de la vie, une fabrique de liens, un exutoire, un paroxysme pour un recommencement, une catharsis ou tout simplement pour être bien … ensemble.
Et sur ce fond d’allégresse, Awaln’art poursuivra son questionnement du rôle de l’art dans l’espace public ; quels arts, qu’elles combinaisons d’arts, qu’elle invitation aux publics, qu’elle place pour le public dans l’espace scénique, dans la création. En liesse, le public, son rythme et son regard, sa voix et ses pas, s’intègrent au cœur de l’oeuvre qu’elle soit fixe ou déambulatoire, qu’elle soit circassienne, musicienne ou plastique. Artistes européens, artistes méditerranéens, artistes africains, artistes émergents, artistes reconnus, tous sont conviés à une jubilatoire fabrique populaire de joie. Au cours de laquelle les rôles s’échangent, faisant penser aux carnavals d’Amérique Latine et autorisant les oranges à participer à une improbable partie de jongle tandis que les balles, entre les mains du sculpteur, éclairent le chemin du spectateur…